The Verona Stay

Photos à Vérone : que faire si vous publiez des personnes en arrière-plan ?

14 June 2026

Août à Vérone est un délire visuel, dans le meilleur sens du terme. Les gradins de l'Arena illuminés le soir, les ruelles couleur brique qui s'enflamment à l'heure dorée, les gens qui se promènent le long de l'Adige. Chaque touriste muni d'un smartphone devient photographe. Le problème survient après : quand on ouvre Instagram et qu'on appuie sur « Publier ».

Ce couple en tenue élégante à l'arrière-plan ? Ce garçon à vélo qui traversait le cadre au moment précis où vous appuyiez sur le déclencheur ? Juridiquement, la question est plus sérieuse qu'on ne le pense.

Prendre une photo est libre, la publier est une autre affaire

Il existe une distinction fondamentale que beaucoup ignorent : prendre la photo est presque toujours licite, la diffuser non. Il n'existe aucune loi interdisant de photographier des choses ou des personnes dans des lieux publics. Le problème surgit au moment de publier ces photographies.

Se trouver dans un lieu public ne signifie pas que son image peut être librement diffusée, surtout si la publication a lieu sur les réseaux sociaux ou sur des sites web. C'est une distinction que le droit italien précise avec un certain détail.

Entrent en jeu deux droits fondamentaux des personnes photographiées : le droit à l'image, c'est-à-dire le droit de contrôler la façon dont son image est utilisée et diffusée, et le droit à la vie privée. L'image d'une personne reconnaissable est une donnée personnelle protégée par le RGPD, et sa diffusion en ligne constitue un « traitement » qui exige une base juridique valide. Pour un particulier qui poste sur Instagram, cette base juridique est presque toujours le consentement libre, spécifique et éclairé de la personne photographiée.

En pratique : même le simple fait de publier des photos sur Facebook, Instagram ou Twitter équivaut à une publication, et le consentement est nécessaire.

La règle de l'arrière-plan : quand êtes-vous « hors de danger » ?

Attention toutefois : toute photo avec un passant en arrière-plan ne devient pas automatiquement illicite. La loi raisonne en termes de sujet principal et de proportionnalité.

Lorsqu'on photographie des scènes en extérieur, il est possible de publier sur internet des photographies qui n'incluent pas les visages de personnes reconnaissables, ou dans lesquelles les personnes reconnaissables ne constituent pas le sujet principal de la photo.

Les photographies de paysages naturels et/ou urbains où les personnes n'ont été saisies qu'incidemment peuvent en principe être publiées même sans le consentement des intéressés.

La différence concrète : une photo de l'Arena avec des dizaines de personnes indistinctes à l'arrière-plan est différente d'un cliché où l'on distingue clairement le visage d'un inconnu. L'art. 97 de la loi italienne sur le droit d'auteur n'autorise pas à publier des photos avec des images de personnes au premier plan « volées » lors d'un événement public, mais seulement des photos ayant comme thème principal l'événement lui-même et, de manière secondaire, le visage des personnes présentes. Le sujet principal du cliché publiable doit être la manifestation, non l'individu photographié.

Dit encore plus directement : tout dépend du sujet principal de la photo et de la place accordée aux autres personnes présentes dans les images.

Le piège du tag et de la légende

Il existe un aspect que très peu de touristes prennent en compte, et qui peut transformer une photo « neutre » en violation potentielle : le contexte que vous ajoutez après la prise de vue.

L'image peut rendre une personne identifiable par le contexte (comme un uniforme avec logo ou une enseigne en arrière-plan), par l'association avec d'autres données (comme une légende ou un tag sur les réseaux sociaux), ou par la diffusion sur des canaux où la personne est déjà connue.

Exemple concret : vous êtes à Vérone pour un salon (Vinitaly, Host, Fieracavalli), vous faites une photo de groupe à votre stand et un concurrent reconnaissable apparaît à l'arrière-plan. Si vous utilisez cette photo pour promouvoir votre activité, tout change. L'utilisation d'images à des fins commerciales requiert toujours le consentement explicite des personnes photographiées.

Et le consentement n'est pas permanent : ce consentement peut être révoqué à tout moment, même après de nombreuses années, à moins qu'il n'existe un contrat de cession des droits d'exploitation de l'image signé. Quelqu'un vous demande de retirer une photo publiée il y a plusieurs mois ? Il en a tout à fait le droit.

Mineurs en arrière-plan : règle absolue, zéro exception

Le point sur lequel la loi ne laisse aucune marge d'interprétation concerne les mineurs. Août à Vérone, c'est des familles partout : devant l'Arena, dans la file d'attente à la Casa di Giulietta, sur les gradins de Castelvecchio. La probabilité de cadrer un enfant est très élevée.

Même dans des lieux publics, il n'est pas possible de publier la photo d'un mineur reconnaissable sans autorisation. Le consentement exprès des deux parents ou de la personne exerçant l'autorité parentale est nécessaire.

Le Garante italien est intervenu à plusieurs reprises sur ce sujet. Par une décision du 11 septembre 2025, il a sanctionné un organisme public pour la diffusion en ligne d'images de mineurs prises lors d'événements publics, reconnaissables malgré les tentatives de floutage partiel des visages. Ces comportements ont été jugés contraires au RGPD pour absence de base juridique valide.

La leçon est claire : la publication sur les réseaux sociaux d'images permettant l'identification de mineurs est interdite, sauf bases juridiques spécifiques. Si vous voyez un enfant reconnaissable dans votre photo, floutez le visage avant de publier.

Les trois règles pratiques du touriste-photographe à Vérone

  • Arrière-plan vs. sujet. Si votre sujet est l'Arena ou Piazza Bra et que les personnes sont floues ou indistinctes à l'arrière-plan, vous êtes généralement tranquille. Si un visage est net et occupe une portion significative du cadre, demandez le consentement ou floutez.
  • Usage commercial = consentement toujours. Vous utilisez la photo pour promouvoir une activité, un blog avec revenus, un profil professionnel ? Toute personne reconnaissable requiert une autorisation écrite, même si elle se trouvait là par hasard sur la place.
  • Mineurs : floutage immédiat. Avant de publier, vérifiez chaque photo représentant des enfants. Le floutage d'un visage prend 20 secondes sur n'importe quel éditeur mobile — les conséquences juridiques d'une omission peuvent être bien plus lourdes.

Inutile de céder à une anxiété excessive. Il suffit de trois secondes d'attention supplémentaires avant d'appuyer sur « partager ». La cité scaligère en août est magnifique — la documenter est légitime et beau. Le faire avec discernement l'est encore plus.


Puis-je photographier le spectacle à l'Arena di Verona et publier les photos ?

Les photographies de scène pendant les représentations lyriques sont généralement interdites ou soumises à des restrictions spécifiques du festival Arena di Verona. Pour les photos prises dans les espaces extérieurs et les couloirs avant le spectacle, la règle générale s'applique : arrière-plan licite, visages reconnaissables au premier plan non, sans consentement.

Et si quelqu'un me demande de retirer une photo que j'ai déjà publiée ?

Vous avez l'obligation de le faire. Le droit à l'image va de pair avec le droit à l'effacement (art. 17 RGPD). Si une personne demande le retrait d'une photo, il est nécessaire d'y procéder sans délai. Ne pas le faire expose à des demandes de réparation civile.

La même règle s'applique-t-elle aux Stories Instagram, qui disparaissent après 24 heures ?

Oui. Le caractère temporaire de la publication ne change pas la nature juridique de l'acte : publier, c'est publier, même pour 24 heures. Le consentement reste nécessaire si la personne est clairement reconnaissable.

Vous planifiez un séjour à Vérone pour le mois d'août ? Les appartements de The Verona Stay se trouvent à proximité de l'Arena et du Teatro Ristori : une position idéale pour explorer le centre historique à pied, tôt le matin, quand la lumière est la plus belle et que les places sont encore désertes.

Disponibilité et réservations

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