Il y a des matins où l'on grimpe au sommet de la Torre dei Lamberti et où l'on comprend tout. Il y a des septembers où les rues du quartier de Veronetta sentent la sciure de bois et les éclats de rire. Et puis il y a toujours cet instant, en marchant sur les pavés du centre, où l'on se souvient que le premier poète à avoir écrit « je t'aime et je te hais » était d'ici. Trois visages de Vérone qu'aucun itinéraire classique ne rapproche jamais : pourtant ils habitent le même centre historique, à quelques minutes les uns des autres.
Torre dei Lamberti : le point de vue qui recalibre la ville
En 2-3 phrases pour les pressés : La tour mesure 84 mètres et compte 368 marches. Les visiteurs peuvent emprunter un ascenseur payant pour atteindre la terrasse panoramique dans la chambre des cloches. De là-haut on voit tout — l'Arène, le ruban de l'Adige, les Torricelle — et le centre de Vérone cesse de ressembler à un labyrinthe.
Érigée par la famille Lamberti en 1172, en tuf et en brique cuite, selon le style roman caractéristique de l'époque, cette tour ne fut jamais un clocher : elle fut d'emblée la voix de la cité civile. La Marangona sonnait l'heure de la fin du travail pour les artisans et donnait l'alarme en cas d'incendie, tandis que le Rengo convoquait le conseil municipal et appelait les citoyens aux armes en cas de danger pour la ville. Deux cloches, deux fonctions précises. Aujourd'hui elles sonnent toutes les demi-heures : si vous êtes là-haut, éloignez-vous de la chambre des cloches avant le carillon.
L'entrée se trouve Via della Costa 2, au cœur de Piazza delle Erbe. Du lundi au vendredi elle est ouverte de 10:00 à 18:00 ; le samedi et le dimanche de 11:00 à 19:00. La tour est ouverte tous les jours de l'année, sauf le 25 décembre. Le billet plein tarif inclut également la Galleria d'Arte Moderna Achille Forti. Mon conseil de Véronais : montez en semaine après 16:00 — la lumière est chaude, les groupes se sont dispersés, et vous aurez la terrasse presque pour vous.
Tocatì et Catulle : le jeu dans la rue et le poète qui ne revint pas
Chaque troisième week-end de septembre, Vérone fait quelque chose d'inhabituel : le quartier de Veronetta se transforme en un grand espace urbain dédié au jeu traditionnel comme expression culturelle vivante, capable de générer rencontres, participation et de nouveaux liens entre les personnes et les communautés. Cela s'appelle Tocatì, et le nom dit tout : il vient du dialecte véronais et signifie « c'est ton tour ». Ce n'est pas un spectacle à regarder — ce n'est pas un événement pour spectateurs au sens conventionnel : les visiteurs sont invités à retrousser leurs manches, apprendre les règles et jouer.
En 2026 le rendez-vous est du 18 au 20 septembre. Le pays invité d'honneur sera l'Irlande, protagoniste d'un riche programme mêlant pratiques ludiques, musiques et danses. 2026 apportera également une nouveauté importante : l'ouverture de Casa Tocatì, un nouvel espace dans le Parco delle Colombare conçu comme centre permanent dédié au jeu et au sport traditionnel. L'entrée au festival est libre. Parmi les jeux véronais présents, gardez un œil sur le Penacio della Lessinia — un lancer de précision qui vient des vallées environnantes et que la grande majorité des touristes n'a jamais entendu mentionner.
Et puis il y a Catulle — non pas l'aéroport, mais la personne. Né à Vérone en l'an 87 avant Jésus-Christ, Gaius Valerius Catullus fut l'un des plus grands poètes de la Rome antique. L'expression de l'intensité des sentiments constituait une véritable nouveauté dans la littérature latine : Catulle a été le premier à s'exprimer en ce sens dans son Catulli Veronensis Liber. Il partit jeune pour Rome, tomba éperdument amoureux de Clodia — qu'il appela Lesbia dans ses vers — et mourut à trente ans. Il ne revint pas vivre à Vérone. Sa vie se déroula entre Vérone et Rome ; dans ses poèmes il se plaint de n'avoir à Vérone qu'une seule caisse de livres, parce que toute sa vie était désormais à Rome.
Le lien avec le centre de Vérone est à la fois physique et livresque : la Biblioteca Capitolare di Verona, née dans le complexe architectural de la Cathédrale, est considérée comme la plus ancienne bibliothèque du monde encore en activité. Certains historiens soutiennent qu'un apographe de Catulle, aujourd'hui perdu, fut vendu au Xe siècle par l'évêque de Vérone Raterio. Le manuscrit qui a sauvé son œuvre est passé par ici. Visiter la Capitolare — in Piazza Duomo, à cinq minutes à pied de la Torre dei Lamberti — c'est comprendre pourquoi Vérone n'est pas seulement la ville de Roméo, mais aussi la ville qui a gardé en son sein la poésie d'amour la plus intense de l'Antiquité.
Combien de temps consacrer à la Torre dei Lamberti ?
Comptez 45-60 minutes : 10 minutes d'ascenseur ou d'escaliers, 20-30 minutes sur la terrasse, et quelques minutes dans la Galleria d'Arte Moderna incluse dans le billet. Si vous voulez éviter la file d'attente, réservez par e-mail à torredeilamberti@agec.it ou appelez le +39 045 9273027.
Le Tocatì est-il adapté aux familles ?
Le festival est particulièrement adapté aux familles : de nombreux jeux sont pensés pour les plus jeunes, et les espaces dédiés proposent souvent des versions simplifiées des jeux traditionnels. Entrée libre, aucune réservation nécessaire.
Où se trouve la Biblioteca Capitolare ?
In Piazza Duomo, au sein du complexe de la Cathédrale de Vérone. Les visites guidées se réservent sur le site bibliotecacapitolare.it ; le prix indicatif est d'environ 8-10 euros pour la visite guidée [⚠ À VÉRIFIER sur le site officiel pour les mises à jour 2026].
Pour votre séjour dans le centre de Vérone, les appartements de The Verona Stay — à proximité de l'Arène et du Teatro Ristori — vous placent à quelques minutes à pied de ces trois réalités. Le centre historique, à Vérone, se découvre mieux quand on y dort.