Le même spritz, sur la même place, peut coûter le double. À Vérone, l'écart entre un apéritif à 3 € au comptoir d'une osteria de Veronetta et un à 7 € assis sous les arcades de Piazza Bra est bien réel, documenté, et ne dépend presque jamais de la qualité du bitter dans le verre. Mais avant même de choisir où s'installer, les Véronais se divisent sur une question plus ancienne : Campari ou Aperol ?
Campari vs Aperol : la différence qui compte vraiment
Ce n'est pas qu'une histoire de couleur. L'Aperol titre 11 % d'alcool, avec un goût doux et agrumé, zeste d'orange amère et rhubarbe. Le Campari atteint 25 %, nettement plus amer, avec un profil aromatique plus complexe et sec. Dans le verre, le cocktail fini tourne dans les deux cas autour de 8 à 12 degrés : la différence se fait surtout sentir à la deuxième gorgée.
À la différence de l'Aperol Spritz, plus doux et agrumé, le Spritz Campari se distingue par son caractère plus affirmé et amer, apprécié de ceux qui préfèrent des saveurs moins conventionnelles. Qui veut rester sur quelque chose de frais et léger choisit l'Aperol. Qui préfère une gorgée avec plus de caractère commande le Campari — et les barmen véronais le comprennent tout de suite à la façon dont vous prononcez le mot « spritz ».
Le spritz est né au XIXe siècle dans le Triveneto, quand les soldats de l'Empire austro-hongrois trouvaient le vin vénitien trop fort et l'allongeaient avec de l'eau gazeuse — d'où le nom, de l'allemand spritzen (asperger). L'essor véritable arrive dans les années 1920 et 1930, quand à Venise naît le Select (1920) et à Padoue l'Aperol (1919), et que quelqu'un a l'idée d'ajouter un bitter au mélange.
La recette officielle IBA — celle du Spritz Veneziano — prévoit la proportion 3-2-1 (Prosecco, Aperol, soda) servie dans un verre à pied avec de la glace et garnie d'une tranche d'orange. Pour le Campari les proportions sont identiques, seul le bitter change. Dans les bars de Vérone, cependant, de nombreux barmen travaillent encore à l'œil — et la main change tout.
Combien coûte un spritz à Vérone en 2026 (et où bien dépenser son argent)
Dans le centre historique de Vérone, le spritz se paie régulièrement autour de 5 €, parfois un peu plus. Pour le trouver à 3 € (ou 3,50 €), il faut désormais se rendre en périphérie ou en province. Mais il existe des exceptions, même à quelques pas de l'Arena.
- Au comptoir de Piazza Erbe — Avec le spritz du Mazzanti, sirotté au comptoir, vous aurez à disposition chips, olives, cacahuètes, sandwichs et petites frittatas pour le prix d'un apéritif (environ 3 €). Même esprit au bar Anselmi, juste à côté.
- Locandina Cappello, Via Cappello 16 — Face à la maison de Juliette, dans un édifice historique du XVIIIe siècle avec des salles en bois et des plafonds voûtés, il est possible de déguster apéritifs, charcuteries et cicchetti. Prix honnêtes, atmosphère authentique.
- En terrasse à Piazza Bra — Ici les prix montent jusqu'à 7 €. Les prix sont en ligne avec les autres établissements du centre : il est normal de payer davantage pour s'asseoir sur une place aussi belle et chargée d'histoire. En le sachant, le choix devient éclairé.
- Hors des grandes places — Dans certains établissements, on s'installe en plein air à des tables sur l'herbe, avec le spritz classique aux alentours de 3,50 €. Veronetta et le lungadige offrent encore ce type de prix.
Conseil de local : au comptoir on dépense toujours moins. Dans les bars historiques de Vérone, rester debout avec son verre à la main est encore la façon la plus authentique — et la plus économique — de prendre l'apéritif.
Attention au « faux spritz » : ce qui se passe en 2026
En 2026 un problème sérieux a émergé : de nombreux établissements, surtout dans les zones touristiques, servent des spritz à base de sous-marques en les faisant passer pour de l'Aperol original. Une enquête a révélé comment plusieurs bars remplacent l'Aperol par des apéritifs génériques de moindre qualité, tout en maintenant le prix inchangé.
Comment reconnaître un bon spritz à Vérone ? Trois signes rapides :
- La couleur — L'Aperol original est orange intense et brillant. Si la couleur est terne ou la saveur plate, vous ne buvez probablement pas de l'Aperol.
- La glace en abondance — Un barman attentif remplit le verre de glace avant le Prosecco. Celui qui saute cette étape coupe les temps (et souvent la qualité).
- La garniture — Orange pour l'Aperol, orange ou olive pour le Campari. Si l'on vous apporte seulement une tranche ratatinée, ce n'est pas bon signe.
En Vénétie, le monde du spritz est des plus variés : on pourrait presque affirmer que chaque ville a sa propre version. À Vérone, la version locale prévoit le Prosecco DOC comme base, et les barmen les plus soigneux le soulignent avec fierté. Si vous voulez vivre l'apéritif à la façon des Véronais, commandez avec assurance, installez-vous là où vous pouvez vous le permettre, et savourez le rituel.
Quel est le meilleur moment pour prendre l'apéritif à Vérone ?
Entre 18h00 et 19h30, quand les établissements sont remplis de résidents. En dehors des horaires de l'Arena et des visites guidées, les comptoirs sont plus accessibles et les prix souvent meilleurs. Évitez le pré-spectacle estival : la demande monte et les temps s'allongent.
Campari ou Aperol : lequel commander si c'est la première fois ?
Si vous n'avez jamais goûté les bitters italiens, commencez par l'Aperol : il est plus doux, légèrement sucré, avec un faible degré d'alcool. Si vous aimez les saveurs sèches et savez déjà ce que vous voulez, le Campari vous surprendra davantage.
Peut-on prendre l'apéritif à petit prix près de l'Arena ?
Oui. Éloignez-vous de trois minutes à pied de Piazza Bra vers les rues intérieures : le prix baisse, l'atmosphère est plus locale. Piazza Erbe au comptoir reste l'une des options les plus équilibrées du centre historique.
Pour votre prochain séjour à Vérone, les appartements de The Verona Stay au Via Roma 21 — près de l'Arena — vous placent à cinq minutes à pied des meilleurs bars du centre. Pas de taxi, pas d'application : vous sortez, vous choisissez Campari ou Aperol, et la soirée a déjà commencé.